Publication en ligne du journal personnel d’un prisonnier de guerre

Article de nouvelles / Le 30 juillet 2018

Affaires publiques de l’ARC, à l’aide de dossiers du Musée de l’aviation militaire de Comox

On a procédé à la numérisation d’un véritable trésor militaire canadien, qui est maintenant accessible à tout le monde dans le site Web du Musée de l’aviation militaire de Comox.

Le capitaine d’aviation John Colwell a été prisonnier de guerre au Stalag Luft III, l’endroit où a eu lieu la fameuse « Grande évasion ».

Il a couché sur papier tous les détails de sa vie de prisonnier, y compris la préparation de l’évasion, dans un journal personnel fourni par le YMCA. En plus de prendre note des activités quotidiennes, il a dessiné des croquis pour illustrer les conditions de vie au camp, il a décrit les menus quotidiens et celui de Noël de 1944, il a dressé un glossaire de l’argot utilisé par les prisonniers et le personnel de l’aviation et il a dessiné des diagrammes du tunnel de la Grande évasion, et bien plus encore. On disait de lui qu’il était un « tinbanger », c’est-à-dire qu’il fabriquait des casseroles et divers objets ménagers à l’aide de boîtes d’étain. Il indique même dans son journal le nombre et le genre de boîtes nécessaires à la fabrication de divers objets.

Le capitaine d’aviation Colwell a par ailleurs participé directement aux préparatifs de l’évasion. Il comptait parmi les « pingouins », c’est-à-dire les hommes qui ont subrepticement répandu dans tout le camp 86 tonnes de sable retiré des tunnels. Il devait être le 146e prisonnier à emprunter le tunnel, mais les gardes allemands ont trouvé les évadés après que seulement 76 eurent réussi à sortir. Seuls trois de ces derniers sont parvenus à se sauver et 50 d’entre eux ont été exécutés.

Après la guerre, John Colwell et sa femme, Fern, ont pris la direction de la ferme avicole familiale près de Lantzville, sur l’île Vancouver. En août 2002, M. Colwell a fait don de son journal personnel au Musée de Comox. Aujourd’hui, on peut lire le journal, numérisé en format PDF, dans le site Web du musée.

Gary Brammer, bénévole au Musée de Comox, explique dans le site Web de l’établissement pourquoi le journal de Colwell est l’objet qu’il affectionne le plus.

« L’objet que je préfère au Musée, c’est sans aucun doute le journal personnel du capitaine d’aviation Colwell. Le fait que le journal ait survécu à la guerre est déjà incroyable en soi. Cet objet nous donne une perspective approfondie et unique sur la Grande évasion du camp de prisonniers de guerre appelé Stalag Luft III. »

« Les détails, les couleurs et l’histoire que contiennent ces pages n’ont nulle part leurs pareils, mais il y a aussi quelque chose d’autre dans ce journal qui en fait mon objet préféré. »

« Nous oublions, je pense, que les hommes qui ont pris part à cette évasion étaient en fait de jeunes gens, presque encore des garçons. La force intérieure qui a incité ces hommes à survivre à des conditions de vie brutales est à elle seule digne d’admiration, mais je pense qu’il y a beaucoup plus à découvrir dans ces pages. Ces militaires étaient animés d’une fierté particulière et d’un sens aigu du devoir. Ils auraient pu passer la guerre de façon relativement confortable, en laissant le conflit se dérouler à l'extérieur de l’enceinte du camp, mais ils ont décidé qu’ils devaient faire tout ce qu’ils pouvaient pour perturber l’effort de guerre allemand. »

« Le journal de Colwell montre l’incroyable intelligence de ces hommes, qui ont utilisé des objets bien ordinaires pour fabriquer des outils et trouver des solutions techniques à de difficiles problèmes. Le journal met en lumière l’esprit d’équipe, le sens du sacrifice et la force intérieure qu’ils avaient tous, je crois. »

« J’espère que, grâce à ce journal, nos enfants sauront apprendre qu’ils peuvent eux aussi faire plus avec ce qui les entoure. Le pouvoir et la force que chacun d’eux possède dans son for intérieur peuvent, je l'espère, être mis à profit sans que les enfants aient à faire face à la terrible adversité que ces hommes ont dû affronter. N’oublions pas que 50 d’entre eux ont été fusillés pour avoir montré leur valeur au monde quand ils ont réussi cette « grande évasion ». Puissions-nous ne jamais les oublier! Il ne fait aucun doute que ce journal personnel contribue merveilleusement à perpétuer leur souvenir. »

Le capitaine d’aviation Colwell est né en Inde en 1916 et il a rendu l’âme en Colombie-Britannique le 8 avril 2007.

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